samedi, 25 juillet 2009

Ecoute mes lèvres de J.N Hunter

© ecoutemeslevres.gifBayard, coll. "millezime"

Jana Novotny Hunter, l'auteur, connait de près le monde des sourds et elle a écrit ici un beau roman, simple et touchant sur cet univers à travers l'histoire d'une jeune sourde.

"Depuis toujours, l'institut des jeunes sourds de Californie est régi par une règle tacite : les signeurs et les oralistes ne se mélangent pas. Certains ont choisi d'utiliser la langue des signes pour communiquer, alors que les autres parlent et lisent sur les lèvres... Mis à dix-sept ans, Cathy commence à s'interroger sur le bien-fondé de cette règle. Dans un an, elle quittera la cité des sourds pour entrer à l'université ; elle doit apprendre à communiquer avec les " entendants " si elle ne veut pas être exclue de leur monde. Pour cela, Cathy la signeuse est prête à devenir une oraliste, malgré la désapprobation de Bee, sa meilleure maie, et l'agressivité des autres signeurs. Mais quand elle tombe amoureuse de Joey, un oraliste, c'est la cité des sourds toute entière qu'elle doit affronter... "

Les préoccupations adolescentes de Cat se mêlent à la tension entre oralistes et signeurs dans ce récit actuel et dynamique. C'est une immersion sympatique, sincère et prenante dans un monde à découvrir! C'est aussi un beau plaidoyer pour l'ouverture aux autres et à la tolérance, accessible aux plus jeunes de nos ados mais qui peut être un tremplin vers d'autres lectures sur le même thème plus compliquées.

J'admire ceux qui ont le courage d'apprendre la LSF et je pense que ce genre de lecture mérite d'être mise en avant, ce genre de leceture agréable et légère, qui aborde le handicap en douceur mais qui fait réfléchir quand même.

Je ne peux pas m'empêcher de faire référence au génial "Ecoute mon coeur" de Janine Teisson sur le même thème, peut être plus poussé. La parenté de titre est évidente mais je n'ai pas d'explication à ce sujet.

Bref, une lecture chouette et éducative à la fois, à mettre entre toutes les mains!

samedi, 31 janvier 2009

La chambre de l'ange de Gudule

chambre_ange.jpg

© Nathan

Un roman au parfum désuet, qui parle de liens forts et de sentiments passionnés de l'adolescence.

Belgique, années 50. Rézi est brune, boiteuse et très obéissante. Ses parents sont de petits commerçants et sa vie s'écoule entre les week end ennuyeux au camping et les cours où elle est très bonne élève. Rien qui ne fasse palpiter sa vie. Rien sauf son admiration pour son âme soeur, son ange; sa cousine Fanfan. La blondeur et la beauté incarnées, Fanfan est rebelle, libérée, entreprenante avec les garçons et gâtée par des parents aisés. Les deux opposées sont pourtant inséparables et ce lien est le rayon de soleil de Rézi, elle s'enhardit, découvre mille petits plaisirs et le goüt de la révolte. Mais l'univers de Fanfan est soudainement bouleversé: les sentiments amoureux, les désaccords et drames familiaux l'éloignent d'une Rézi qui s'accroche désespéremment à son ange...

Ce roman aurait pu être un récit mielleux et déchirant. Au contraire, l'écriture est lumineuse, teintée d'une pointe de nostalgie (ha, la RTF, le magazine Line, la mode et les stars de l'époque...). L'ambiance belge est juste pittoresque et attirante. Et pas de place pour le larmoyant, tellement les sentiments sonnent le vécu. Le personnage de Rézi est riche, on ne peut que se sentir proche de cette jeune fille intelligente et pleine de vie qui murit au fil des pages sans s'en rendre compte. On ne saisit la signification du titre que dans les dernières pages, et l'aspect initiatique du récit est symbolisé par une parabole illustrée qui évolue au début de chaque chapitre. De petits clins d'oeil en plus, enrichissant davantage un roman qui mêle sans fausses notes légèreté de l'insouciance et sens profond de l'indépendance.

J'ai vraiment adoré cette lecture, son univers m'a enchantée, même si l'époque ne résonne pas en moi. C'est d'ailleurs ce qui pourrait bloquer auprès de jeunes lecteurs qui passeraient à côté des références et en seraient frustrés, peut être même lassés.  

Alors, un livre d'adolescence pour ceux qui n'y sont plus? Ou un roman qui peut résonner pour tous les lecteurs, au delà du lieu et de l'époque? Je suis en tout cas persuadée que la rencontre avec l'ange vaut le coup.

Merci à toi qui m'a pris ce livre au détour de tes déambulations en bibliothèque. Merci à Gudule d'avoir partagé ainsi son univers et ses racines.

Et d'ailleurs, chers amateurs de madeleines, je suis vraiment pour les pseudos en littérature jeunesse, je trouve qu'ils ajoutent du piment, du mystère. Je ne comprends pas pourquoi si peu d'auteurs jouent au jeu du pseudo. Vous comprenez, vous?