lundi, 17 juin 2013

Les Filouttinen, de Siri Kolu

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©Didier Jeunesse juin 2013, Siri Kolu

Roman d'aventures déjantées pleines de braquages, de bonbons, de découvertes...

Liisa s'ennuie sur la route des vacances. Mais pas pour longtemps, puisqu'elle va se faire kidnapper par inadvertance par une famille de bandits à l'imagination débordante et aux principes décalés: les Filouttinen. Pas de rançon exigée, mais des braquages organisés pour ne jamais manquer de bonbons et des bénévolats surprenants! Liisa est très vite acceptée dans la bande et elle va alors passer un été hors du commun!!

C'est un roman de juin, un roman de vacances, de sourires et de loufoqueries absolues. Mettez donc de côté le réalisme et profitez juste de l'aventure, parce que bien des éléments vous paraitront abracadabrants. (Oui, j'ai dû me forcer à ne plus m'interroger sur les réactions inexistantes des parents de Liisa, sur le manque de crédibilité de bien des points. J'ai pensé à ces récits nordiques de Fifi Brindacier où l'on ne s'interroge jamais sur son mode de vie. Une fois ce concept de liberté accepté, le roman coule tout seul).

Le point de vue de Liisa nous plonge dans l'aventure à la vitesse des pneus qui crissent avant l'abordage. Elle prend des notes sur son carnet, comme les listes ou les leçons que lui dicte la famille Filouttinen sur les règles du banditisme de grand chemin. On découvre une famille qui a décidé de sa façon de vivre, loin des contraintes. Et si les scènes sont majoritairement très drôles et rythmées, les personnages ne manquent pas de tendresse ni de profondeur.

Les titres de chapitres sont tous illustrés différemment.

Pour un road-movie absolument délirant sur les belles routes de Finlande, pour découvrir un choix incroyable de confiseries finlandaises, ce roman est une  pétillante découverte pour les vacances des jeunes lecteurs!

Tentez de gagner un exemplaire dédicacé sur le site de Didier Jeunesse


Siri Kolu


blog littérature jeunesse


samedi, 15 juin 2013

La vie commence à 20h10, de Thomas Raphaël

 

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© J'ai Lu 2012, Thomas Raphaël

"Un rêve vaut bien quelques mensonges"

 Un récit palpitant, énergique et émouvant: quand une trentenaire dont la thèse patauge se retrouve catapultée dans les coulisses d'une série télévisée populaire!

"Si, si, tout va bien, je vous assure. Après, à trente ans, j’avoue, j’imaginais ma vie un peu différemment. J’aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j’ai écrit en secret…Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du cœur : oui ! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé ? Quelle horreur ! En même temps, une double vie, ça n’est pas si compliqué…"

Ce pavé est aussi coloré que les lettres de sa couverture version poche. Il est dynamique, drôle et touchant à la fois. Son héroïne Sophie est absolument attachante, et l'on comprend mille fois ses inquiétudes, ses coups de tête, ses hésitations. Elle est le fil conducteur de plusieurs intrigues. Bien sûr il y a la ligne principale de cet emploi à la rédaction de "La vie la vraie" qu'elle accepte en échange de la publication de son roman. Il y a aussi cette double vie qu'elle cache à son compagnon. Sa relation conflictuelle avec une mère autoritaire et arriviste. Sa délicate position de mère de subsitution auprès du neveu et de la nièce de son compagnon devenus orphelins. Des envies refoulées, des manipulations qui blessent, des ambitions professionnelles flouées, l'éloignement, les pistes sont finalement très nombreuses et ce livre est riche en sentiments, en émotions, en tranches de vie si fidèles! Accrochez vous, parce que si le lecteur ne peut s'empêcher d'aimer Sophie, il va aussi faire la connaissance de nombreux autres personnages tout aussi bien dépeints!

On ne peut s'empêcher de comparer ce roman au "Diable s'habille en Prada" version coulisses de série télé. La trame est complexe et intéressante tout en distillant de nombreuses notes d'humour et de péripéties liées à cet univers si particulier et souvent fantasmé. Evidemment qu'on voit tout de suite de quelle série l'auteur s'inspire, et les défauts et qualités de ce programme ne sont pas minimisés. J'ai aimé que Sophie soit dubitative, condescendante et limite méprisante sur le sujet au début pour finalement être touchée par cet engouement populaire. Au moins on découvre un peu de la réalité derrière l'écran (et l'auteur sait de quoi il parle). On évite le côté chick-lit trop brillant et évident, même si l'optimisme reste de mise dans le récit de la vie de Sophie!

Un livre qui a su me faire passer de très agréables heures de lecture, qui me fera voir certaines séries différemment (bon, il faudrait déjà que je les regarde),..et qui possède une suite ! "Le bonheur commence maintenant" nous permet de retrouver Sophie après son passage à "La vie la vraie", toujours avec ses ambitions d'auteur, et avec sa vie de famille à gérer. Et ça tombe bien pour moi, je l'ai !!

 Le site de Thomas Raphaël est à visiter.


mercredi, 12 juin 2013

Une guitare pour deux, de Mary Amato

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©Nathan mai 2013, Mary Amato

De petits mots en belle mélodie, d'amitié en amour


"La mère de Tripp lui a confisqué sa guitare tant qu'il ne sera pas plus sociable et meilleur élève. Le matin de la rentrée, Tripp décide d'emprunter en cachette la vieille guitare du lycée. Lyla, quant à elle excellente élève et musicienne hors pair, a besoin de s'entraîner pour ses concerts de violoncelle. Les deux adolescents doivent occuper la même salle de répétition du lycée, Tripp les jours impairs, Lyla les jours pairs. Ils entament une correspondance, d'abord acide puis plus complice, en se laissant des petits papiers dans la salle. Bientôt le guitariste rebelle et la violoncelliste sage que tout oppose se retrouvent autour de leur passion commune : la musique. Cette relation intense leur apprendra à se découvrir eux-mêmes et les aidera à traverser les pires drames…"

Ce roman est rafraîchissant et romanesque sans être renversant. Deux opposés qui s'attirent, des confidences et une relation secrètes, une passion commune de la musique, deux adolescents aux problèmes...d'adolescents, le script n'est pas révolutionnaire mais très efficace! C'est léger et agrémenté de lettres, paroles de chansons, mails, notes et autres illustrations sympas. Les chapitres sont découpés selon les jours, et les lieux comme les heures sont indiqués. Pas de niaiseries trop faciles, des héros assez rebelles, fragiles et touchants pour qu'on s'y attache sans hésiter, un rebondissement plus grave assez inattendu, le tout forme un récit qui fait passer un agréable moment! (On peut découvrir le livret de chants en fin d'ouvrage et même écouter la musique du livre en suivant le lien!).

Quelques facilités et répétitions apparaissent, mais derrière la légèreté se devinent des notions de tolérance et de libre-arbitre. Au final, un roman juste sympathique.


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lundi, 10 juin 2013

La conséquence de mes actes, Eva Kavian

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©Mijade mars 2013, Eva Kavian

Twitter, l'homoparentalité, une relation père-fils, ce petit roman est un cocktail original !


"Je m’appelle Homère Kish. En dehors du départ de Maman‚ je suis responsable de ce qui est arrivé.
Qu’il s’agisse de mon amitié avec Sophie‚ de la vie amoureuse pathologique de Papa‚ de mon addiction à l’ordinateur‚ de l’inscription de mes frères dans un mouvement de jeunesse‚ de mon choix de n’aller chez l’orthodontiste qu’avec Maman… chacun de ces choix a eu pour effet que je viens de passer des vacances épouvantables et traumatisantes."

Ce garçon que l'on découvre à travers la rédaction qu'il a à faire, c'est un personnage hautement sympathique, humain, vif et entier. Homère (appelons-le comme ça au début en tout cas) nous offre le regard franc d'un adolescent d'aujourd'hui confronté à des bouleversements familiaux, et pas des moindres! Maman s'épanouit dans son homosexualité, Papa retrouve une nouvelle jeunesse en compagnie de l'orthodontiste, et on peut vite se sentir oublié dans tout ça! L'éclosion de la sexualité du héros, sa sensibilité, son côté geek, ses faiblesses et ses coups de colère, tout est finement et très justement dépeint dans un texte moderne (merci les notes de bas de page pour les non-initiés).

Eva Kavian m'avait charmée et émue avec Premier chagrin, elle réussi encore à me faire passer un bon moment de lecture mais de qualité légèrement moindre. Je regrette quelques gymnastiques alambiquées dans l'ordre du récit et l'identité du héros sous couvert d'une mise en abyme (une rédaction qu'on lui a donnée à faire) qui ne me paraissait pas si nécessaire et qui donne un ton décousu à une intrigue pourtant sympathique. Il y a de belles choses du quotidien dans ce récit, des sujets abordés directement et très naturellement, ce qui est sûrement la signature d'Eva Kavian, et c'est un plaisir!

Dédicace du livre par l'auteur:
"Après avoir écrit "Premier chagrin", je n'en avais pas fini avec mes personnages. J'ai donc décidé de les retrouver, un an plus tard. Par ailleurs, j'avais envie de m'essayer à mettre en place un univers plus masculin. Cette fois donc, Gauthier est le personnage principal. Il a quinze ans, ses parents se sont séparés. Il choisit de vivre chez son père qui ne va pas trop bien et lui propose un contrat : il aura une moyenne de 14 au prochain bulletin, si son père accepte de s'inscrire sur un site de rencontres. Si le roman est drôle, il aborde néanmoins des questions telles que la famille recomposée, l'incidence des choix parentaux sur les enfants, la solitude face aux "copains" avec qui il n'est pas simple de parler de certaines choses, mais aussi les liens père-fils, la place et la fonction des liens virtuels, l'éveil de la sexualité... Le père de Gauthier, très amoureux, va "caser" son fils chez les parents de sa belle, la semaine de vacances la plus épouvantable de la vie de Gauthier. Et finalement, oui, j'ai bien aimé entrer dans la peau d'un ado de 15 ans, regarder le monde avec ses yeux !"

La très chouette maison d'édition belge Mijade signe encore là un beau texte!